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Soutenance de thèse de Léa LINCONSTANT

Soutenance de thèse de Léa LINCONSTANT

Jeudi 16 juillet 2020
14:00, Salle G. Duby, MMSH, Aix en Provence

L’assistance médicale à procréation comme technique relationnelle. Fabriquer des patients pour faire des parents (Lombardie, Italie)

Directeur de thèse Mme Laurence HERAULT Aix Marseille Université
Rapporteur Mme Irène THéRY EHESS
Rapporteur Mme Séverine MATHIEU EPHE
Examinateur Mme Agnès MARTIAL EHESS
Examinateur Mme Claudia MATTALUCCI Università Bicocca degli studi di Milano
Examinateur M. Jérôme COURDURIèS Université Toulouse Jean-Jaurès

Mots Clés
#infertilit #temporalité #genre #engendrement #parenté #Italie,

Résumé de la thèse
La loi italienne définit l’assistance médicale à la procréation (AMP) comme un traitement thérapeutique permettant de soigner une maladie, l’infertilité. Les parcours d’AMP donnent à voir une forme d’association particulière entre un environnement médical et la constitution de familles alors même que la grossesse n’est pas encore survenue. Ma recherche s’intéresse aux relations qui se nouent entre les professionnels et les consultants au fil des parcours d’assistance médicale à la procréation. Il s’agit de montrer comment ces relations particulières façonnent les représentations et le vécu de l’infertilité et des technologies reproductives. À travers une exploration inédite des dichotomies qui traversent le champ italien de l’AMP telles que normal/pathologique, thérapeutique/de convenance et privé/public, cette étude contribue à la réflexion sur la place du tiers au sein des techniques de reproduction assistée. Ainsi, si dans le cadre de mon ethnographie, il n’y a pas de recours à un tiers donneur – les couples bénéficient d’une AMP strictement intraconjugale – le processus de procréation s’inscrit néanmoins dans une « action collective à plusieurs partenaires » (Théry, 2010) au sein de laquelle s’insère un tiers, entendu comme un élément extérieur au couple : le corps médical. Les parcours d’AMP ne peuvent être compris comme des processus uniformes au cours desquels les relations et les statuts n’évolueraient pas et au sein desquels deux individus pourraient être considérés en tant que soignant et patient dès le départ. Au contraire, ils relèvent d’un processus au cours duquel chacune des places et des statuts attribués se modifient et évoluent par un travail sur les corps et les relations de l’ensemble des protagonistes. La question de la temporalité est donc essentielle afin de rendre compte de l’épaisseur des parcours et de la diversité des intentions et des relations qui les jalonnent. Il s’agit alors de comprendre comment les parcours d’AMP conduisent à une reformulation singulière du soin et de la parenté en Italie.