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Soutenance de thèse de Léa LINCONSTANT

Soutenance de thèse de Léa LINCONSTANT

Lundi 23 mars 2020
14:00 Salle G. Duby, MMSH, Aix en Provence

L’assistance médicale à la procréation comme technique relationnelle. Fabriquer des patients pour faire des parents (Lombardie, Italie)

Membre du Jury
- Laurence Hérault, Professeure, AMU (directrice)
- Irène Théry, Directrice d’études, EHESS (Rapporteure)
- Séverine Mathieu, Directrice d’études, EPHE (Rapporteure)
- Agnès Martial, Directrice de recherche, CNRS, CNE (Examinatrice)
- Claudia Mattalucci, Ricercatrice, Università di Milano Bicocca (Examinatrice)
- Jérôme Courduriès, Maître de conférence, Université Toulouse Jean Jaurès (Examinateur)

Résumé
La loi italienne définit l’assistance médicale à la procréation (AMP) comme un traitement thérapeutique permettant de soigner une maladie, l’infertilité. Les parcours d’AMP donnent à voir une forme d’association particulière entre un environnement médical et la constitution de familles alors même que la grossesse n’est pas encore survenue. Ma recherche s’intéresse aux relations qui se nouent entre les professionnels et lesconsultantsau fil des parcours d’assistance médicale à la procréation. Il s’agit de montrer comment ces relations particulières façonnent les représentations et le vécu de l’infertilité et des technologies reproductives. À travers une exploration inédite des dichotomies qui traversent le champ italien de l’AMP telles que normal/pathologique, thérapeutique/de convenance et privé/public, cette étude contribue à la réflexion sur la place du tiers au sein des techniques de reproduction assistée. Ainsi, si dans le cadre de mon ethnographie, il n’y a pas de recours à un tiers donneur – les couples bénéficient d’une AMP strictement intraconjugale – le processus de procréation s’inscrit néanmoins dans une « action collective à plusieurs partenaires » (Théry, 2010) au sein de laquelle s’insère un tiers, entendu comme un élément extérieur au couple : le corps médical. Les parcours d’AMP ne peuvent être compris comme des processus uniformes au cours desquels les relations et les statuts n’évolueraient pas et au sein desquels deux individus pourraient être considérés en tant que soignant et patient dès le départ. Au contraire, ils relèvent d’un processus au cours duquel chacune des places et des statuts attribués se modifient et évoluent par un travail sur les corps et les relations de l’ensemble des protagonistes. La question de la temporalité est donc essentielle afin de rendre compte de l’épaisseur des parcours et de la diversité des intentions et des relations qui les jalonnent. Il s’agit alors de comprendre comment les parcours d’AMP conduisent à une reformulation singulière du soin et de la parenté en Italie.
Abstract
Italian law defines assisted reproductive technologies (ART) as a therapeutic treatment to cure infertility as a disease. The ART pathways suggest a particular form of association between a medical environment and the formation of families, even as pregnancy has not yet occurred. My research focuses on the relationships that are established between professionals and consultants over the course of assisted reproduction. The aim is to show how these particular relationships shape the representations and experiences of infertility and reproductive technologies. Through an unprecedented exploration of the dichotomies that cross the Italian field of ART such as normal/pathological, therapeutic/convenient and private/public, this study contributes to the reflection on the place of the third party within assisted reproduction techniques. Indeed, if in the context of my ethnography, there is no recourse to a third party donor – couples benefit from a strictly intra-marital ART – the procreation process is nevertheless part of a "collective action with several partners" (Théry, 2010), within which a third party is included, in the sense that the medical profession constitutes an element outside of the couple. ART pathways cannot be understood as uniform processes in which relationships and statuses do not evolve and in which two individuals could be considered as caregivers and patients right from the outset. On the contrary, they are part of a process during which each of the places and statuses assigned are modified and evolve with the working on the bodies and the relationships of all the protagonists. The question of temporality is therefore essential in order to reflect the depth of the paths and the diversity of intentions and relationships that mark them. The question then arises as to how the ART pathways lead to a singular reformulation of care and kinship in Italy.