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Atelier EFiGiES Aix-Marseille

Mardi 20 mars 2018 d
9h30 à 12h30 EHESS de Marseille Salle A, 2ème étage
Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille

****Attention c’est nouveau: l’inscription est obligatoire en écrivant à efigies.aixmarseille@gmail.com ******

Nous aurons le plaisir d’écouter Selen Gobelez Dumas sur la question des violences obstétriques en Turquie et Andræ Thomazo, IDEMEC sur l’émergence des transidentités non binaires.

Selen Gobelez Dumas
Doctorante, Université de Mimar Sinan, Istanbul (Turquie), en échange à l’EHESS Marseille
"As-tu crié comme ça quand tu le faisais?" : Récits des violences obstétriques en Turquie

La surmédicalisation de l’accouchement sans consentement éclairé a récemment été qualifiée de "violence obstétrique" du point de vue des droits des femmes. La violence obstétrique, qui a d’abord trouvé son expression légale dans la loi vénézuélienne (2007), suivie par l’Argentine (2009) et le Mexique (2014), est une question critique, négligée dans le traitement de la santé reproductive des femmes en Turquie. Dans le cadre de ma thèse de doctorat en cours sur les expériences de l’accouchement des femmes en Turquie, des entretiens détaillés sont menés auprès d’un échantillon de femmes ayant accouché en Turquie au cours des 25 dernières années. L’objectif est de retrouver les voix des femmes, qui sont les premières victimes de violence lors des processus d’accouchement comme dans différents domaines de la santé. Dans cette présentation, seront explorées les possibilités d’inclure les femmes dans les mécanismes décisionnels concernant leur corps et d’accroître leur autonomie quant à leur capacité de reproduction qui a été colonisée non seulement par l’ordre patriarcal mais aussi par la commercialisation et la médicalisation.

- Andræ Thomazo, Doctorant, Aix-Marseille Université, IDEMEC

Faut-il se débarrasser du genre ? Ce que l’émergence des transidentités non-binaires peut nous apprendre sur la structuration de la société.

Mon travail de recherche porte sur les modalités de relations entre le monde médical, ses théories et ses pratiques, et l’évolution des différentes constructions identitaires des personnes trans. En effet, j’avance l’hypothèse que la relation entre médecin et patient·es trans – qu’elle soit conflictuelle ou collaborative – influence à la fois les protocoles et doctrines médicales et la constitution des identités trans. Je m’intéresse plus précisément à l’impact qu’a l’émergence des transidentités non-binaires quant aux théorisation du genre et de la transidentité. Les études de genre ont fait leur la distinction sexe / genre théorisée par Ann Oakley. Cependant, des travaux de biologistes, ou de chercheur·es en sciences humaines ont critiqué cette distinction dans la mesure où elle relègue l’existence de deux « sexes biologiques » dans le domaine du naturel. Au contraire, il semble nécessaire de questionner la dimension construite et sociale des sexes eux-mêmes. Avec cette entreprise d’effacement des frontières s’ouvre alors la possibilité de sortir de la bicatégorisation stricte des sexes comme des genres. Dans ce contexte, on voit alors apparaître deux tendances identitaires et politiques dont j’aimerais questionner l’articulation : soit la multiplication des identités de genre, soit un horizon d’abolition du genre entendu comme critère de détermination des personnes non pertinent et au fondement d’un système oppressif.

Contact : efigies.aixmarseille@gmail.com
http://efigies-ateliers. hypotheses.org/category/ atelier-efigies-aix-marseille