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Journée d’études IMAF-IDEMEC

Mardi 17 octobre 2017
14h00 - Salle Paul Albert Février - MMSH - Aix en Provence

« Ni noir, ni blanc »

Parcours de vie et parcours du sacré au sein d’un « Atlantique créolisé » (Brésil - Cape Vert - Togo - Bénin...)

Intervenants :

- Cibele BARBOSA (Fondation Joaquim Nabuco - Recife, Brésil)
- Sylvie CHIOUSSE (CNRS - LAMES)
- Christophe PONS (CNRS - IDEMEC)
- Joao DE ATHAYDE (doctorant IMAF)

Journée organisée par Joao DE ATHAYDE (IMAF)

Nous parlons d’un « Atlantique noir » qui prend forme à partir de la traite esclavagiste. Mais nous pourrions également parler d’un « Atlantique créolisé », formule qui mettrait en avant le caractère d’interpénétrations culturelles, de superpositions et de (re)créations constantes que nous trouvons dans les diverses rives du « fleuve appelé Atlantique ». Nous essayons ainsi de nous éloigner des risques d’une « naturalisation » des pratiques sociales.
Cette journée d’études se déroulera autour de la communication de Cibele Barbosa « Ange Sacramento : parcours d’une vie dans le labyrinthe des échanges atlantiques ». La recherche microhistorique et la quête ethnographique seront la base de la discussion. Le point de départ sera une étude de cas menée par Barbosa, où l’on suit la trajectoire de M. Sacramento, individu qui ne se considère « ni noir, ni blanc ». A la fois Béninois et Togolais, mais de nationalité française, Il est un Agudà. La population Agudà, connue aussi comme les Brésiliens (ou les Créoles) du Bénin et du Togo, s’est formée à partir de la réunion entre des négriers et des anciens esclaves revenus du Brésil et établis sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest dans le XIXème siècle. Leur Identité est entretenue par un « mythe du Brésil », associé à une « occidentalité ». M. Sacramento sillonne donc l’Afrique, l’Europe et le Brésil, tout au long du XXème siècle, à la recherche d’opportunités de travail, toujours traversé par une quête identitaire.
D’autre part, au Brésil, dans les pratiques afro-brésiliennes, « une Afrique mythifiée » est depuis longtemps présente. Nous assistons cependant ces dernières années à des changements, parmi lesquels une croissante réafricanisation de certains milieux religieux. Christophe Pons, dont les recherches articulent Atlantique nord et sud, observe que « différemment du Brésil, au Cap-Vert il n’y a pas de ‘‘mythe de l’Afrique’’ ». Il note aussi un processus de « dé-spectacularisation » dans les formes rituelles de certaines séances médiumniques. De plus, Sylvie Chiousse, en se penchant sur les transformations du candomblé dans la ville de Recife au Brésil, pointe le fait que, de nos jours, nous pouvons visualiser un rite de possession sur une chaîne numérique, tandis qu’auparavant il fallait passer par tout un processus d’acceptation dans une maison de culte pour pouvoir y assister in loco.
Que pouvons-nous en extraire, en nous penchant sur les différences, les interférences, les circulations et les parallélismes trouvés sur les rives d’un « océan créolisé » ?

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Affiche IMAF IDEMEC 2017